| mar 30 |
Sous le thème : Carnets de rodas, Martinique | par mehdi
Mots-clefs :Antilles, Martinique, Mehdi, Professor David, Roda
Carnet de voyage aux Antilles : « du pur sirop ! »
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Invité par l’association Ras’N Culture pour une série de stages en Martinique, j’ai débarqué sur l’île le 17 février, au beau milieu d’un conflit social d’une ampleur historique.
Dans cette atmosphère de blocage et de mobilisation, le programme capoeiristique n’a pu se dérouler comme prévu, toutes les salles étant fermées pour cause de grève générale.
Deux petits rendez-vous ont quand même eu lieu, sur le bord de mer de Trois Îlets, afin de marquer mon passage dans le département, et pour donner aux capoeiristes de l’île l’occasion de se rencontrer, de jouer ensemble toutes tendances confondues.



Trois Îlets



Trois Îlets
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Ce qu’on peut constater de manière générale à propos de la capoeira martiniquaise, c’est qu’elle est beaucoup moins confidentielle que lors de mon dernier passage en 2002, et que le niveau a beaucoup monté. Mais on note surtout l’influence du « Danmyé » dans la capoeira antillaise. En effet, dans cette forme de jeu/lutte traditionnelle qui fait partie de la culture Bel’air (ou Bélé), les deux protagonistes se font face, se provoquent, se menacent, finissent souvent par s’empoigner et se mettre à terre au son des chants et du tambour.
Marqués par cette tradition populaire locale forte, issue du même terreau historique qui généra la capoeira au Brésil (c’est-à-dire de la traite négrière), les capoeiristes martiniquais ont ainsi souvent l’habitude d’en venir aux mains dans le jeu. Ce n’est pas un problème en soi, mais cela oriente tout de même le jeu vers une discussion frontale qui se conclue souvent de la même façon… Je les invite humblement à faire démonstration de psychologie et de circonspection dans la roda, afin de ne pas se priver des finesses et de l’énergie propres au jeu de la capoeira brésilienne. De plus, on ne peut pas faire tomber tout le monde… Jouons ouvert,
à la rencontre de l’autre!
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Malgré les restrictions de carburant dues à la grève, j’ai tout de même eu le plaisir de rencontrer monsieur D’Artagnan Laport, dernier représentant en activité d’une lignée de maîtres constructeurs de tambours. Véritable spécialiste dans la réalisation totale du tambour bélé, il utilise entre autre, le bois des fûts de chêne à vieillir le rhum arrivés en fin de vie (matériau très solide!). En un ingénieux exercice de recyclage, les tonneaux sont démontés, les lattes sont retaillées, cintrées autour d’un feu, assemblées à l’aide de colle et de cerclages métalliques. Monsieur Laport nettoie ensuite des peaux de vache, de chèvre, de veau qu’il achète dans un abattoir, qu’il monte sur ses fûts à l’aide de tirants mécaniques forgés par ses soins. Il est à la fois menuisier, tonnelier, forgeron, tanneur et musicien… On lui commande des tambours (on ne dit pas tam-tam qui est un terme péjoratif de l’époque coloniale…) d’un peu partout (France, Haïti, Japon…). Malgré cela, il ne souhaite pas augmenter sa production à tous prix, un travail à la chaîne conduirait selon lui à la construction d’instruments sans âme… Le magnifique atabaque que l’on peut voir sur les photos est un de ses chefs-d’œuvre.



Monsieur D’Artagnan Laport



Son atelier sur la route du Gros Morne,
dans les hauteurs de Trinité
Je salue cette personnalité importante du monde du Bel’air, culture en plein réveil avec l’ouverture de « La Maison du Bélé » à Sainte Marie, ainsi que son épouse pour leur accueil, leur esprit d’ouverture, leur sérieux et leur authenticité. En quittant son atelier, lieu chargé d’odeurs de cuir, de métal, de bois et de feu, je ressens comme une tranquillité à savoir que l’histoire et les traditions de ce petit pays qu’est la Martinique, ai pour gardiens des hommes et des femmes de cet acabit. Souhaitons qu’il trouve un jour un jeune à qui transmettre sa science, pour que se perpétue encore à travers l’espace et le temps la voie du tambour…



L’Anse Azérot – Lieu fameux des rencontres Danmyé
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Plantation de calebasse



Près d’une vasque à l’Alma



La rivière à Cœur Bouliki



Le Mémorial de l’Anse Caffard
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David, Professor de capoeira angola
Je tiens à remercier particulièrement mon ami David pour son accueil et son travail très sérieux de capoeira angola, de taiji quan et de qigong. Bonne chance dans tes cultures de calebasses et bon sirotage au pays !
Axé, meu camarà !
Mehdi
Pour plus d’infos sur la capoeira aux Antilles et le Danmyé-Ladja, consultez ce site :
Contacts :
M. Laport D’Artagnan +33 (0) 6 96 96 75 27
Association Ras’N Culture, Professor David +33 (0) 6 96 95 97 21
Et sur Youtube :
(Plus de 3 minutes d’images vraiment incroyables, venues d’un autre temps !…)
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